Violences policières et dures conditions d’enfermement au CRA de Nîmes

[TW/Avertissement : violences policières, automutilations, tentatives de suicide.]

4 personnes enfermées dans le centre de rétention administrative de Nîmes reviennent ici sur la situation actuellement très compliquée dans laquelle elles se trouvent. Les conditions de santé sont catastrophiques, spécialement en ce moment à cause de deux épidémies de gale et de coronavirus simultanées. Les keufs font tout pour que l’hygiène soit problématique : bâtiments laissés dégueulasses, coupures d’eau pour empêcher les retenu.e.s de se laver, refus de prendre en compte les demandes des retenu.e.s (sur les punaises de lit par exemple). Les keufs leur interdisent tout et n’importe quoi, annulent arbitrairement certains parloirs, insultent les prisonnier.e.s, les provoquent et les tabassent en permanence. Les médecins, Forum Réfugiés (l’association juridique dans le CRA) et les avocat.e.s commis.e.s d’office ne font rien et travaillent clairement pour les keufs et pour faciliter les expulsions, qui sont par ailleurs très violentes. Un prisonnier confirme l’existence d’expulsions même sans test PCR (vers la Tunisie). Lorsque des personnes à l’intérieur s’indignent des insultes des keufs, quand elles sont malades ou après une tentative de suicide, elles sont envoyées au mitard du CRA en manquant de tout.

B. : On est ici on est dans la merde, franchement. On a attrapé la gale, on a attrapé le corona, on n’a pas d’eau ils l’ont coupée. Tu comprends bien ? On est dans la merde. Ils rentrent et tout, t’as pas le droit aux bagages, t’as pas le droit… Même avec tes sous, tu vas à la machine tu veux acheter un truc t’as pas le droit, tu vois ? Franchement, dans la merde.T’envoies un papier pour le truc, le Forum [Forum Réfugiés], et ils le donnent pas jusqu’à que tu passes au tribunal [le Juge des libertés et de la détention, JLD]. Après ça ils te donnent le papier… Franchement, c’est compliqué.

Q. : Forum il fait pas son travail ?
B. : Y a personne qui fait son travail ici ! C’est pas que Forum, y a personne qui fait son travail. Tout le monde, même le surveillant ici, m’a dit : « C’est pas nous c’est le directeur, il est d’accord », tu vois ? Il a tapé mon collègue, il a cassé son pied. Une fois que tu sors [de cellule], il tape : il n’y a pas de caméra de surveillance. Il fait rentrer 3-4 personnes et comme ça ils tapent. T’as pas accès à l’eau, tu veux un courrier pour la famille, pour  Forum… Tu as pas le droit de rien, tu vois ?
Q. : Ça s’est passé comment là, quand les keufs ils ont tapé ?
Prisonnier 2 : Franchement mon collègue on lui a fait la fouille complète et tout, on n’a rien trouvé sur lui et tout. Il a commencé à parler avec la police, normal, il lui a dit : « Voilà, laisse-moi rentrer dans ma chambre, ça y est j’ai fini laisse-moi rentrer dans ma chambre ». Il a pris mon collègue, il a commencé à le taper et tout. Il l’a pris tout seul. Un moment il est parti, il m’a regardé moi, et un autre collègue. Il a sorti mon collègue, il est par terre. Il a commencé à le taper. Il y a 3 personnes [des flics] sur lui qui ont commencé à le taper. Il est parti en garde-à-vue ! 48 heures sans manger, sans cigarettes, sans rien.Après il a compté sur le tribunal [pour porter plainte contre les keufs] mais le juge, il a dit quoi ? Il a dit : « J’ai pas de rapport comme quoi c’est vrai, y a pas de rapport de médecin ». Comme quoi, le médecin, il est avec la police.Après il a fait le certificat médical. Il a demandé : il ne marche plus d’un pied, le médecin fait une fiche de certificat de 1 jour [de temps de rétablissement]. Le mec il marche pas sur un pied. Il est cassé le pied ! Il faut le mettre à l’hôpital Carémeau de Nîmes, tu vois ? Le chef d’ici n’a pas accepté.
Q. : Il a pas fait de rapport qui dit que les keufs ont cassé son pied quoi.
B. : Voilà. Même pas ils ramènent des béquilles pour marcher. Il prend deux gars pour marcher à côté de lui. Même une dame de sa famille, elle a amené des béquilles, on lui a dit : « T’as pas le droit aux béquilles dedans. » Tu vois ?
Q. : Ouais. Et la personne qui était 48 heures en garde-à-vue, pourquoi elle était en garde-à-vue ?
B. : Pour rien ! C’est eux qui décident de faire une garde-à-vue. Tu demandes un truc pour toi, tu demandes juste d’aller aux bagages, et tu pars en garde-à-vue. Tu demandes une 2ème fois, une 3ème fois, et 3 policiers viennent. Ils commencent à te taper et tu descends en garde-à-vue 24 heures, 48 heures, ils s’en foutent de toi. Tu restes là-bas comme un chien. Le chien, c’est mieux que nous.
Q. : Et les garde-à-vue ça se passe où ?
B. : Beh ici, dans le centre.
Q. : Ok. Il y a un commissariat dans le centre ? 
B. : C’est pas un commissariat comme… C’est un commissariat du CRA, comme de l’isolement. T’es tout seul. Comme en garde-à-vue, t’es tout seul, mais y a pas de télé, y a pas de draps, y a rien. Tu dors par terre.Il y a tout le monde ici. : des rendez-vous pour l’hôpital,  des rendez-vous dehors. Une fois, tu vois tu dois prendre ton rendez-vous : « il est là mon rendez-vous, est-ce que c’est possible que je sorte pour mon rendez-vous ? »  Il me dit : « Oui oui oui », et le jour du rendez-vous plus rien.Franchement, c’est la catastrophe, c’est la merde. T’as le droit à rien du tout, rien, rien, rien. Aujourd’hui j’ai parloir, ils voulaient pas me l’accepter. Ma famille est venue me voir, ils m’ont dit non. 
Q. : Ils suppriment les parloirs comme ça au hasard ?
B. : C’est eux qui décident. Franchement c’est chaud. Ils voulaient quoi ? On comprend pas ! C’est mieux la prison par rapport à ici, c’est mieux que faire ça ! Même la police ils te provoquent pour te taper avec quelqu’un. Mais nous, c’est pas se taper avec un policier, tu vois ?Moi, ils m’ont ramené avec un certificat comme quoi j’étais positif. C’est le covid. Quand quelqu’un a le covid, normalement il doit rester 10 jours tout seul. Moi ils m’ont juste ramené le certificat comme quoi j’avais le covid, je suis passé au tribunal [du JLD, le 2ème jour de la rétention], dès 2 jours ils m’ont monté avec les autres. J’ai dit : « Pourquoi je passe pas dans le tribunal et tout ? » Il m’a dit : « Oui, t’as le covid et tout tatatatata. »  J’ai passé 30 jours [de rétention] pour rien, j’ai pas vu le juge. J’ai même pas vu le juge sur la visio, sur la télé. Normalement si t’as le covid, si t’es malade, tu regardes le juge sur la télé, tu vois ? La visio ici, dans le CRA.
Q. : Et vous, vous avez des promenades ou pas ? [Au CRA de Nîmes, les prisonnières dans le bâtiment « familles » n’ont aucune promenade depuis des mois.]
B. : Les promenades elles sont sales. Ils les ont jamais nettoyées. On demande un balai pour que, nous, on nettoie, ils nous le donnent pas. Les chambres pour dormir, elles sont sales. On demandait des produits pour nettoyer : ils voulaient pas, jusqu’à que tout le monde attrape la gale. 
Q. : Et concernant les violences des keufs, tu veux porter plainte ?
B. : Bah bien sûr. C’est pas moi tout seul. Il y a 100 personnes ici qui veulent porter plainte. 
Q. : T’as demandé à Forum ?
B. : Forum, ils travaillent avec eux ! Ça fait une semaine que j’ai demandé frérot, mais ils voulaient pas me monter jusqu’à Forum tu vois ? Franchement c’est chaud. Des fois tu parles avec le Forum, ils disent : « Oui oui oui oui. » Après, y a rien. Ça fait un mois et demi que je suis ici, ça fait un mois et demi que j’ai réclamé, jamais de la vie ils m’ont fait un truc.
Q. : Et le CRA, est-ce qu’ils envoient des gens en prison ? Genre si tu refuses le test ou quoi ?
A. : J’ai eu deux tests. Le 3ème test normalement, il m’a dit, c’est : « Soit la prison, soit tu descends au bled. »
B. : Moi ils ont envoyé trois collègues à moi, marocains. Ils sont venus à 3 heures du matin : PAM PAM PAM ! [sur la porte] Ils les ont menottés, et scotchés, puis au bled sans test, sans rien.
Q. : Sans test ?
B. : C’est eux qui trafiquent le test. Le test il l’a pas fait, le vaccin il l’a pas fait… Scotché, menottes et bled ! Imagine, ils ramènent quelqu’un à 3 heures du matin, tié ! Avec le scotch, menottes… ça c’est 1998 ! On est en 2022 là. On est en France là.
Q. : Et A., il voulait être au CRA de Lyon, et ils l’ont envoyé de force au CRA de Nîmes, pourquoi ils ont fait ça ?
B. : Bah je sais pas. Ils disent rien. Tu demandes tes droits… Ta femme elle vient en parloir pour te voir, ils disent : « Non, elle est pas venue. » Et moi je parle avec ma femme, elle était dehors ils voulaient pas la faire rentrer. T’as le droit de rien ! Ça fait une semaine qu’ils ont pas fait les bagages.
A. : Pas le droit de faire rentrer de gâteaux.
B. : T’as pas le droit de faire rentrer un truc pour manger de dehors. Ici leur travail on comprend rien du tout. Franchement tu parles pas comme ça ! Ils te parlent comme si nous on devait pas être en France là.
A. : C’est Marine Le Pen là.
B. : Le côté le 30, le Gard, tu comprends rien du tout. Nîmes, c’est une loi spéciale. Ok t’as pas le droit aux papiers et tout, mais dans le centre là, tu as le droit de demander un parloir, t’as le droit que quelqu’un ramène un truc pour manger, t’as le droit de sortir à l’hôpital parce que t’as la gale, t’as le corona, il y en a un il doit aller faire une opération, y a tout tu vois ? Eux ils disent : « Nan, t’as pas le droit. »
Q. : Ouais, les keufs ont l’air d’être durs à Nîmes, là.
B. : C’est un centre de merde à Nîmes. Je suis désolé, je parle comme ça, mais c’est un centre de merde.
A. : J’ai jamais attrapé la gale, j’ai attrapé la gale à Nîmes.
B. : Tout le monde est malade ! Tu rentres dans les toilettes, il y a pas d’eau, ça veut dire quoi ? Ma famille elle habite à Nîmes, à côté du centre, y a de l’eau. Ici, nous y en a pas. À l’heure du repas, ils ouvrent l’eau et à la fin du repas, ils ont arrêté l’eau. Ils font exprès t’as compris ? Le matin ils vont ouvrir de l’eau à 7h, et à 8h il y a arrêt de l’eau. Après, ils commencent à ouvrir de l’eau en milieu de journée, et à 13h30 il n’y a pas d’eau. Pour que tu ne fasses pas la douche.
A. : Pour que tu restes sale comme un chien.
B. : Les chiens ils sont mieux que nous, wollah. Je préfère la prison mille fois que ça. Ici, même pas t’as le droit de prendre un café ! T’as des sous, tu veux acheter un café, mais non. Une punition d’une semaine, 10 jours, 15 jours…
Q. : C’est dur comme ça dans tous les bâtiments du CRA ?
B. : Y a 4 bâtiments, y a 4 zones pareilles… non y a 5 zones : B1, B0, C1, C0, y a le A pour les femmes. Bah : tous pareil.Après nous on veut une solution, c’est mieux une solution qui est pas… Nous on ne veut pas un truc avec la police. Nous on veut pas un truc où on part pour faire de la prison pour rien, tu vois ? Je veux pas qu’il y ait un truc de mal, tu vois ? Ni pour moi ni pour quelqu’un d’autre ! Je veux pas niquer le centre complet. C’est mieux que tu trouves une solution… je sais pas comment t’expliquer. Vraiment c’est dur.
A. : Y a des gens, ils calculent pour le suicide.
B. : Il y en a déjà un, il a fait ça. Il est là ici, si tu veux tu parles avec lui. [Il passe le téléphone.]
C. : Oui allô ? Bonjour.
Q. : Comment ça va ?
C. : Ça va pas, ça va pas du tout. Ici, il y a toutes les maladies. Il y a le corona, il y a la gale, il y a des punaises de lit, des tiques. Ils nous traitent trop trop mal. Moi déjà j’ai fait deux tentatives de suicide. J’ai avalé 17 cachets avant-hier, j’étais en urgence et tout. Parce que c’est trop trop dur, c’est invivable. On demande le médecin il vient pas 5 jours. On demande les bagages, 5 jours on les a pas. Ils nous traitent comme des chiens. En plus, les repas et tout… on mange rien quoi.Je suis de Marseille moi, mais ils m’ont ramené à Nîmes. Je me suis fait arrêté à Marignane.
Q. : T’étais à l’aéroport ?
C. : Non non, j’étais pas à l’aéroport, j’étais avec ma fiancée. En fait, j’habite avec elle, ça fait 3 ans qu’on est ensemble. Et le voisin il a porté plainte comme quoi on faisait du bruit, parce qu’on a déménagé. Et je suis rentré du boulot et… Hier j’étais au cachot, en isolement, en caleçon, il n’y avait pas d’eau, il n’y a rien du tout. J’ai fait une tentative de suicide parce que j’ai demandé le médecin 5 jours, et moi je suis asthmatique, [dans mes bagages] j’ai pris la ventoline et en plus j’ai un autre médicament. Ils ont pas voulu me ramener mes médicaments. En plus il y a un policier qui a parlé mal. J’en peux plus. Je parle avec lui, je dis : « Il y a plein de punaises de lit, des tiques. » Il me dit : « Je m’en bats les couilles de toi avec tes punaises de lit. » Je lui dis : « Les punaises de lit je les ai pas ramenées de chez moi. C’est vos tiques, je les ai trouvées ici dans ma chambre. » Le médecin il m’a dit : « Non, je ne crois pas qu’il y a des punaises de lit. » J’en ai attrapé 4 ou 5, dans un flacon. Et quand je suis parti au médecin quand j’ai fait la tentative de suicide, j’ai ramené au médecin 5 punaises de lit. Il m’a dit : « Ouai, je vais voir qu’est-ce qu’on peut faire… »Il y a des gens qui ont le corona, il y a des nouveaux avec le covid, ils mettent les gens négatifs avec eux !
Q. : Ok. Et pourquoi t’étais au mitard, pourquoi t’étais en isolement là ?
C. : J’étais en isolement parce que j’ai fait la tentative de suicide. Ils ont dit c’est parce qu’il y a pas de caméra dans les chambres, en isolement y a des caméras…
Q. : Donc en fait c’est une punition en plus quoi ?
C. : Une punition en plus, ouais c’est ça. Je rentrais des urgences (ils ont rien fait, même la transfusion elle était pas mise), et après ils m’ont mis en isolement. J’ai pas mangé, ça veut dire j’ai pas mangé jusqu’au lendemain. En isolement y a pas d’eau, y a rien du tout. 
Q. : Ok. Est-ce que tu veux rajouter d’autres choses ?
C. : Ouai, je veux dire autre chose. Je vais dire pour les trucs de vices de procédure. Parce que chaque fois on ramène des papiers, on ramène des preuves comme quoi on travaille, qu’on a un hébergement, qu’on a une vie familiale et tout. Ça fait trois ans qu’avec ma femme on est pacsé.e.s. Ils ont mis au tribunal que le PACS était pas enregistré. En plus ils ont mis dans le jugement que j’étais hébergé chez ma sœur à Paris. Moi j’ai pas de sœur, j’ai jamais été à Paris ! Même sur le papier du tribunal, je l’ai ici, ils ont mis que je suis né en 1973. Moi je suis né en 1987. J’ai parlé avec l’avocate commise d’office elle m’a dit : « C’est rien ça, c’est une faute de frappe. » C’est pas pareil. La faute de frappe 1967, y a pas de souci. Mais la faute de frappe qui me dit que j’ai pas un domicile fixe, c’est pas une faute de frappe, c’est un vice de procédure.
Q. : Et la commise d’office elle est complètement du côté du procureur quand elle dit ça ?
C. : C’est ça. Ils sont tous ensemble. Même Forum, ils travaillent avec la police. C’est eux qui ont gardé mes papiers. Ils m’ont pas passé les papiers pour que…Moi j’ai fait 2 tentatives de suicide. La première fois, j’ai fait la grève de la faim, grève de la soif. J’ai les preuves : 4 jours j’ai pas mangé, et 3 jours j’ai pas bu de l’eau. J’étais aussi dans le centre de Nîmes. Après ils m’ont amené ils m’ont mis en isolement pareil. J’avais faim, soif, j’avais pas la ventoline et tout. J’ai fait une crise là-bas. Après ils m’ont ramené dans la cellule. Ils m’ont dit : « Prends un sucre et dors ». Et voilà.
Q. : Ok, dur. Et tu disais, Forum Réfugiés, ils ont gardé tes papiers pour t’empêcher de pouvoir te défendre ?
C. : Ça faisait 3 jours que je demandais à Forum Réfugiés pour prendre mes papiers, parce que j’avais un jugement [devant le JLD]. Je leur dis : « C’est après-demain. » Ils me disent : « Ok, t’es sur la liste, t’es sur la liste. » Chaque jour j’appelle, ils me disent que je suis sur la liste. Et je suis parti comme un con devant le juge. À 8h, j’ai demandé Forum, ils m’ont dit : « Non, c’est fermé, ils ouvrent à 10h. » J’ai dit : « Comme ça je vais aller devant le juge sans justificatif de domicile ? J’ai un CDI, j’ai 23 fiches de paie. »J’ai 45 jours là. J’ai perdu 16 kilos déjà. Voilà.Et quand ils viennent pour ramener quelqu’un pour l’avion, ils viennent sur nous. Ils sont venus, et ils se sont mis à 4 sur sa tête. Ils l’ont mis par terre. Après il est parti. Il a refusé le test, il est parti sans test quand même.
Q. : C’était vers quel pays ?
C. : Tunisie.
Q. : Est-ce qu’il y a d’autres choses que tu veux transmettre ?
C. : Ouai,s à part les punaises de lit, la gale et tout. En plus on mange mal. Y a beaucoup de vices de procédures. Ils font exprès pour renvoyer les gens. En plus c’est trop sale ici, c’est dégueulasse. Ils nettoient pas les chambres. Les policiers nous parlent mal. On mange trop trop mal, même pas 100 grammes ! Il y a des gens qui ne mangent pas la viande, la viande pas halal,  il y a un collègue, le policier il lui a dit : « C’est pas halal ? Je m’en bats les couilles, pourquoi tu viens en France alors ? »Moi avant-hier j’étais en urgence et hier j’étais en isolement. Ils ont coupé l’eau. La moitié d’un matelas en mousse, et pas de couverture ni rien du tout. Ils ont même enlevé mes claquettes en plastique. Je vais faire quoi avec des claquettes ? Je suis resté en slip 24 heures, jusqu’au lendemain. Sans rien du tout. Pieds nus, avec un caleçon. J’ai pris 18 cachets, je sais même pas j’ai pris quoi. Ils m’ont fait ni médicament ni rien du tout. J’avais trop mal au ventre, j’ai froid, j’ai faim. Du midi jusqu’au lendemain matin. J’ai crié, j’ai tapé à la porte. En plus, en isolement la porte c’est comme les portes de frigo. Y a une porte t’ouvres une chambre derrière.
Q. : Les gens sont souvent envoyés au cachot comme ça ?
C. : Ouai il y a beaucoup de gens. Ils te parlent mal, si tu réponds ils te ramènent au cachot. 
Q. : Ok. Tu veux encore rajouter un truc ?
C. : Nan ça va. Il y a quelqu’un qui veut parler. Tu veux parler toi ? [Il passe le téléphone.]
D. : Oui bonjour monsieur. 
Q. : Bonjour. 
D. : Je voudrais savoir juste un truc. Pourquoi j’ai pas le droit de voir mon fils ? Moi je sors de détention, j’ai pas eu de parloir quand j’étais en détention. J’ai même pas eu des habits vous voyez ? Donc je sors de détention, ils m’ont ramené ici, j’ai pas vu mon enfant, ça fait 8 mois. Il y a ma sœur elle l’a ramené de Lyon jusqu’à ici, ils ont dit que les enfants ont pas le droit de rentrer. Ça veut dire pourquoi ma sœur elle vient de Lyon pour ramener mon fils, vous voyez ce que je veux dire ? Franchement, je voulais faire des trucs de fou. J’ai des lames sur moi, je voulais les manger et tout. Ils voulaient me faire charcler, parce que pourquoi j’ai pas le droit de voir mon fils alors que ça fait 8 mois ? Moi je suis là, mon cœur il est cramé pour mon fils et là, quand il vient devant le centre de rétention ils le laissent pas rentrer. Est-ce que vous trouvez ça normal monsieur ?
Q. : Bien sûr que non.
D. : J’ai pas le droit de voir mon fils ? C’est qui ? La Justice elle m’a pas interdit de voir mon fils. Mais la PAF là [la Police aux frontières], elle est en train de m’interdire de voir mon fils. Je vous jure, j’ai rien demandé, j’ai pas demandé un autre truc. Je voulais juste voir mon fils. Aujourd’hui, je suis là, je mange 9 médicaments pour dormir tellement je pense à mon fils. Je pense tout le temps à mon fils. Moi je leur ai ramené un certificat comme quoi je mange la Pregabaline, mais ils me les donnent pas. Ils me disent : « Ça on n’a pas ! » Ils me donnent d’autres médicaments pour me rendre légume. Pour que je parle plus, comme ça je suis calme. Vous voyez ce que je veux dire ? J’ai essayé de manger ce médicament et je me suis retrouvé comme un légume. En fait je faisais que dormir. Je me lève, je suis fatigué, je dors et c’est pas ça le but. Moi le but c’est d’enlever mes douleurs : j’ai un bras que je peux pas ouvrir. Donc je suis obligé de manger la Pregabaline j’ai des douleurs. Ils me donnent des médicaments qui ont rien à voir. Je les mange même pas je les jette aux toilettes. J’en ai plein là, j’en ai plein dans l’enveloppe, je les mange même pas. Ils me donnent des trucs qui vont me rendre légume.Il y a des gens ici, ils ont le covid. Et nous on a fait le test on n’a pas le covid et on est avec eux, quand même. Le 1er jour je suis rentré, ils m’ont dit : « T’as le covid. » 2 jours après ils m’ont dit : « T’as pas le covid. » Est-ce que le covid il reste 2 jours monsieur ? Eh ben ils m’ont fait ça moi. J’étais malade, ils m’ont ramené à l’isolement ! Un malade on le ramène pas à l’isolement, on le ramène à l’hôpital ! Moi ils m’ont mis à l’isolement, ils m’ont enfermé, ils me donnent pas de clopes, ils me parlent pas, ils me laissent pas fumer. Rien du tout. J’ai le droit à rien. Moi j’étais pas malade, je savais très bien que j’étais pas malade. Mais même si j’étais malade, est-ce que j’ai pas le droit de fumer ? Est-ce que j’ai pas le droit de promenade ? Ils m’ont pas sorti en promenade. Ils m’ont rien fait. Ils m’ont enfermé pendant 3 jours. Le 4ème jour je suis sorti du cachot.Mais c’est pas par rapport à ça que je suis en train de vous parler. C’est juste par rapport à mon fils. Moi je veux voir mon fils. Pourquoi ils m’interdisent de voir mon fils ? Je peux faire comment pour voir mon fils ? Je m’évade ? Je fais quoi ?Et Forum Réfugiés ils font rien. Moi j’ai parlé avec eux. On m’a envoyé des documents. Ça fait 4 jours. J’ai fait un malaise, je les ai pas appelés, et eux ils m’ont pas appelé pour me dire : « T’as des documents. » Et ils m’ont pas appelé. Pourquoi ? À chaque fois quand je les appelle, ils me disent : « On a du monde. » Mais si vous avez du monde, gérez votre truc si on est là ! Vous savez rien faire. Vous êtes là, mais vous me dites : « J’ai trop de choses à faire. » Franchement c’est la misère ici, c’est la misère. On n’a pas le droit d’avoir des gâteaux, on n’a pas le droit d’avoir de la boisson. On est des retenu.e.s quand même, on n’est pas des détenu.e.s.
Q. : Après, pour les détenu.e.s aussi, ça justifie pas de faire ça.
D. : Ouais, mais moi j’étais en prison, j’avais des gâteaux, je mangeais bien. J’avais tout, euh enfin… Mais là on ramène des gâteaux, on refuse de faire rentrer des gâteaux. Pourquoi ? Pourquoi j’ai pas le droit de faire rentrer des gâteaux ? Chais pas. Pourquoi j’ai pas le droit de voir mon fils ? Chais pas. Pourquoi j’ai pas le droit d’avoir mes médicaments ? Chais pas. Pourquoi on a la maladie ici et ils gèrent rien ? Chais pas. Y a toutes les maladies ici et ils gèrent rien. Et on trouve pas ça normal. Les surveillants ils nous disent : « On s’en bat les couilles. » On est en France quand même. En Algérie ils nous traitent pas comme ça, on a des policiers c’est des bâtards, désolé si je le dis. Mais ici, c’est des pires ! Franchement aujourd’hui je suis en train de virer, je sais pas ce qu’ils veulent de nous.Après voilà… On a un mec il souffre de la gale. Il a des traces et tout. Je suis désolé, il a la gale. Vraiment. Mais ils lui ont pas donné de médocs, rien. Ils lui ont dit : « Ça c’est rien, ça va passer. » Même à l’hôpital ils l’ont pas fait sortir. Le mec il a le genou cassé, ils lui ont cassé son genou. Ils veulent pas le faire sortir à l’hôpital comme ça il peut pas faire de certificat et porter plainte contre eux. Je connais la loi, je sais très bien comment ça se passe. Y a un collègue à moi, il est là devant moi, il a mal aux dents. Depuis tout à l’heure il demande le médical. Il demande juste un Doliprane ou chais pas quoi, ils lui ont dit non. « Toi, parce que tu parles mal, on va pas te donner. » Mais c’est normal que tu parles mal ! Depuis 8h du matin il demande le médecin, à 14h30 tu lui dis : « Tu parles mal. » C’est normal que la personne est en train de péter les plombs, parce qu’elle a mal aux dents !Voilà… on vous a tout raconté.

Fausses dates de vol, faux refus de test, faux refus d’embarquer au CRA de Marseille

Les mensonges des keufs envoient en prison les personnes retenues dans le centre. Par exemple, l’une d’elles explique dans cet article comment les keufs ont entièrement inventé son refus d’embarquer à bord d’un avion, ce qui pourrait la conduire à faire de la prison.


Dans tous les centres de rétention administrative (CRA), il arrive régulièrement que le juge des libertés et de la détention (JLD) et la police aux frontières (PAF) mentent sur les dates de vol d’avion, à bord desquels doivent être expulsées les personnes enfermées dans le centre. Le JLD est chargé dans le CRA de prolonger la durée de la rétention de chacune de ces personnes, mais pour ce faire, surtout après 2 mois de rétention déjà écoulés, il doit en principe prouver que l’État cherche activement à les expulser. Il arrive donc que des faux billets d’avion (ex : avions inexistants) soient évoqués pendant une audience de JLD.


Depuis le printemps 2020, un test PCR négatif est une condition nécessaire à l’expulsion en avion d’une personne retenue : nombreuses sont les personnes qui les refusent pour ne pas être expulsées. Mais les refus de tests amènent très souvent à des poursuites pénales, et à des peines de prison. La PAF, de son côté, invente alors elle aussi des fausses dates d’expulsion en avion pour volontairement pousser les retenu.e.s du CRA à refuser le test et donc à se retrouver en prison. Ces pratiques de la police sont fréquentes dans beaucoup de CRA en France.
Plus récemment, la PAF du CRA de Marseille semble aussi s’être mise à une autre pratique : l’invention de faux refus de tests PCR. Autrement dit, certaines personnes enfermées dans le CRA sont parfois condamnées à des peines de prison pour des tests dont elles n’ont jamais entendu parler et qu’elles n’ont jamais refusés, même si elles sont poursuivies pour ça ! Au début du mois de mars 2022, un prisonnier du CRA de Marseille, qui ne supportait plus d’être enfermé, disait préférer être expulsé le plus rapidement possible. Pourtant, aucun vol en avion ni même de test PCR ne lui ont été proposés, sauf qu’à la fin du 30ème jour de sa rétention, lorsqu’il est passé devant le JLD, il a découvert que les keufs de la PAF avaient inventé des faux refus de test PCR pour lui sans en avoir été informé.
Enfin, plus récemment au début de ce mois de mai 2022, la PAF du CRA de Marseille invente aussi des faux refus d’embarquement dans les vols d’expulsion, alors que ces refus conduisent à des poursuites pénales  (« soustraction à une mesure d’éloignement »). Nous reproduisons ci-dessous le témoigne d’un prisonnier au CRA de Marseille. Il y explique que les keufs ont inventé un faux refus d’embarquement contre lui, juste en lui faisant faire un aller-retour entre le CRA et l’aéroport de Marignane sans qu’il n’ait vu l’avion ni exprimé son refus d’embarquer à bord.


[English version below]
Bonjour
Je suis allé au tribunal [devant le Juge des libertés et de la détention, JLD] aujourd’hui mais le juge a prolongé ma rétention de 28 jours supplémentaires. J’ai la possibilité de faire appel de cette décision dans les prochaines 24 heures. Je n’ai pas les moyens de faire appel car le bureau d’aide aux réfugiés de mon centre de rétention [Forum Réfugiés] ne travaille pas le dimanche.
Le juge a dit que je resterais en rétention jusqu’au 7 juin, et que j’ai le droit de faire appel du jugement. Je n’ai pas confiance dans les avocat.e.s du gouvernement [commis.e.s d’office], car je pense qu’ils et elles ne font pas grand chose pour moi. On m’a reproché pendant le jugement d’avoir refusé d’embarquer à bord de l’avion, mais ce n’est pas ce qu’il s’est passé.
Début avril, je me suis rendu à la préfecture sur rendez-vous, mais j’ai été arrêté. Le préfet a dit que j’étais arrêté parce que j’étais en procédure Dublin. Le préfet a également dit que j’avais le droit de faire appel de la décision de renvoi en Italie. Après avoir été reconduit au centre de rétention, j’ai demandé un.e avocat.e pour faire le recours, et on m’a conduit à une organisation d’aide aux migrant.e.s au centre de rétention [Forum Réfugiés]. Je leur ai expliqué que je ne refusais pas d’aller en Italie, mais que je souhaitais savoir si l’Italie était en mesure de traiter ma demande d’asile, et si je pourrais être soigné à mon retour en Italie puisque je suis malade. L’organisation a accepté et m’a dit qu’elle écrirait au juge pour lui demander de suspendre mon renvoi en raison de ma maladie, mais je n’ai reçu aucune réponse de leur part.Le lendemain, le 9 avril, la police m’a dit que je devais passer un test de dépistage du coronavirus pour pouvoir être transféré en Italie. J’ai accepté et j’ai fait le test. Après le test, j’ai demandé pourquoi je devais être renvoyé étant donné que j’avais un appel le jour suivant. La police m’a répondu que ce n’était pas un problème, que ce que je devais faire était de les suivre à l’aéroport le lendemain matin, et que lorsque j’arriverai à l’aéroport, je rencontrerais l’officier de l’immigration à l’aéroport pour lui expliquer cela.Le lendemain matin, on m’a emmené à l’aéroport mais je n’ai jamais parlé à un agent de l’immigration. La police m’a enfermé dans une cellule à l’aéroport [probablement dans un local de rétention administrative, LRA] et après environ une heure, elle m’a ramené au centre de rétention.
Maintenant, ils m’accusent au tribunal d’avoir intentionnellement refusé d’embarquer dans l’avion. Je vais aller au tribunal demain pour faire appel. Je suis malade et même le médecin de la rétention a un rapport à ce sujet, mais ce n’est jamais pris en compte. Je n’ai pas d’argent pour prendre un.e avocat.e privé.e et je ne pense pas que l’avocat.e du gouvernement sera en mesure de me faire sortir. Ici tout est réglé d’avance comme dans un jeu.


[Traduction française ci-dessus]
Good morning
I went to court [before the Juge des libertés et de la détention, JLD] today but the judge prolonged my detention to extra 28 days. I was given the option to appeal against it within the next 24 hours. I don’t have a means of lodging the appeal because the office of the refugee assistance here in my detention center [Forum Réfugiés] don’t work on Sundays.
The judge said I’ll remain in detention till June 7th and I have the right to appeal against the judgement. I don’t have confidence in the government lawyers because I think they are not doing much on my behalf. They said I refused to board the plane but that’s not how it happened.
On the 8th of April I went to prefecture on appointment only to be arrested. The prefect said I am been arrested because I am under the Dublin procedure. The prefect also said I have the right to appeal against the decision of removal to Italy. After I was driven to the detention center I requested for a lawyer to make the appeal and I was taken to an organization helping migrants at the detention center [Forum Réfugiés]. I explained myself to them, saying that I don’t reject going to Italy but I wish to know if Italy will be able to handle my asylum and also if I’ll be able to get treatment when I return to Italy because I am sick. The organization agreed and told me that they will write to the judge to tell to suspend my removal due to the sickness but I got no reply from them.The next day been 9th of April the police told me that I have to take coronavirus test so that I’ll be able to be transferred to Italy. I accepted and took the test. After the test I asked why should I be removed since I have appeal the next day? The police said that’s no problem, that what I have to do is follow them to airport next morning and when I get to airport that I meet the immigration officer at the airport and I’ll explain to him and I agreed.The next morning I was taken to the airport but I never say or spoke to any immigration officer. The police locked me in a cell at the airport [probably in a local de rétention administrative, LRA] and after like 1 hour they drove me back to the detention center.
Now they are charging me to court that I intentionally refused to board the plane. I’ll be going to court by tomorrow for appeal. I am sick and even the detention doctor have a report on that but it isn’t taken into consideration. I don’t have money to get a private lawyer and I don’t think the government lawyer will be able to get me out. Everything here seems to be a game plan.

TENTATIVE D’EVASION COLLECTIVE ET REPRESSION AU CRA DE MARSEILLE

Dans la nuit du 24 avril, 10 prisonniers du bâtiment 1C du CRA de Marseille ont tenté de s’évader. Malheureusement, ils ont tous été attrapés avant de franchir les murs du centre, à l’exception d’un prisonnier, qui a été rattrapé quelques heures plus tard dans la rue. 

La répression ne s’est pas faite attendre : tous les prisonniers qui ont tenté de s’échapper ont été mis en isolement et interrogés. Ils ont été privés de nourriture et, pendant deux jours, n’ont pas été autorisés à recevoir de dépôts de la part d’ami·es ou de proches. Suite à cette tentative d’évasion ils ont été placés en GAV, puis jugés. Sept d’entre eux ont été condamnés à des peines de 2 ou 3 mois de prison ferme. Deux d’entre eux ont pris 3 mois de sursis et ont donc été renvoyés au CRA. Dans le même batiment 1C, à la fin du mois de mars, une autre évasion collective avait eu lieu, grâce à laquelle trois prisonniers ont retrouvé la liberté. Le quatrième a été arrêté peu après l’évasion. 

Depuis 2004, les évasions de prison sont sanctionnées dans le droit pénal. Ce chef d’accusation n’existe pas juridiquement pour les CRA. La confusion régnait alors dans le tribunal de Marseille pour juger les prisonniers du CRA, mais finalement le prétexte du « refus de se soustraire à une mesure d’éloignement » a permis à l’État de les condamner.Après l’évasion de novembre 2021 et celles de fin mars 2022, les flics, la direction du CRA et l’État ont de toute évidence voulu punir de manière exemplaire les 10 prisonniers qui ont tenté de s’évader la semaine dernière, afin de briser leur organisation collective et de faire peur à tous les autres. 

C’est pourquoi nous sommes allé.e.s apporter un peu de force aux prisonniers, en leur criant notre solidarité et en leur rappelant que celles et ceux qui se battent pour la liberté ne sont jamais seul.e.s ! 

Force à tous les prisonniers qui ont tenté de s’échapper et à tous.tes les autres ! Freedom hurriya liberté ! Et que crèvent les juges qui comdamnent impunément !

 » Ça fait 22 jours que j’ai pas vu la lumière du jour » – Témoignage d’une prisonnière du bâtiment familles du CRA de Nîmes

« Je suis une prisonnière du centre de rétention de Nimes. Je suis là depuis 22 jours. Le CRA c’est pire que la prison, ils nous traitent comme des chiennes. Ça fait 22 jours que j’ai pas vu la lumière du jour et du soleil parce qu’on peut pas aller dans la promenade. Chaque fois qu’on demande pour aller à la promenade on nous dit qu’on doit demander au chef et après ils demandent pas. Ils nous disent qu’on peut pas, qu’il y a des travaux, mais nous on voit que les hommes eux ils peuvent faire la promenade. La dernière fois on a fait du bordel pour aller en promenade, ils ont dit : attendez, on va voir avec le chef et puis ils sont jamais revenus.

Forum Refugié ne fait rien, ça fait une semaine que je demande d’appeler mon avocat mais ils le font pas. Chaque fois ils disent on va revenir vers vous et pareil ils reviennent jamais. Ici c’est pire que la prison, en prison au moins on a la possibilité de faire des promenades, des activités, ici il y a rien. Moi je voudrais juste au moins une fois faire une promenade et voir la lumière. On se sent très isolées ici, il n’y a personne qui vient nous voir, on n’a rien à faire toute la journée.


Ils m’ont proposé de faire le test covid, moi j’ai refusé parce que j’ai une demande d’asile que j’ai enregistrée et je veux attendre la réponse, mais ils s’en foutent. Ils m’ont dit que je dois partir alors qu’ils n’ont pas mon passeport et que j’ai pas vu le consul. Moi j’ai fait une demande d’asile parce que je peux rien faire en Algerie. J’ai quitté ma famille, j’ai fuit mon père parce qu’il voulait m’obliger à me marier. Ça fait quatre ans que je parle pas avec mon père. Si je vais dans mon pays d’origine je vais faire quoi? Je vais rester dans la rue? Je vais me faire tuer.


Ici on est quatre, on est des roumaines, tunisiennes, algériennes et marocaines. Il y a des roumaines et marocaines qui ont été expulsées. Ce qu’il y a à manger c’est vraiment dégueulasse. Moi en plus en ce moment je fais le ramadan. Si on demande aux flics d’aller acheter des choses ils disent oui, oui et puis ils arrivent avec deux ou trois heures de retard alors que nous on jeûne et on attend de manger depuis des heures. La dernière fois ils nous ont donné de la viande qui était pas halal du coup j’ai rien mangé alors que ça faisait toute la journée que j’avais jeûné. »

Force à toutes les prisonnières du CRA de Nîmes. Solidarité avec les prisonnières en grève de la faim au CRA de Mesnil-Amelot et avec toustes les prisonnièr.es en lutte. Liberté pour toustes !

« T’as plus de vie, tu reste chez toi, t’attends des nouvelles… Je reste enfermée chez moi ». Témoignage d’une proche d’un prisonnier du CRA de Marseille.

Du coup est-ce que tu peux un peu nous raconter ton expérience avec les CRA, un peu tout ce qui s’est passé après l’arrestation de ton compagnon.
– Dès le début on est plongé dans l’inconnu. Y a aucune info, on doit les chercher par nous mêmes, tout ce qui est convocation, JLD (juge des libertés et de la détention) et tout… Tu sais tout la veille, les familles elles peuvent pas trop s’organiser donc assister au JLD c’est surtout ceux qui habitent loin qui peuvent y aller.
Enfin maintenant on sait, comment ça se passe, au bout d’un mois et demi en fait, on commence à comrendre comment ça se déroule. Et sinon, une fois qu’ils sont rentrés c’est toujours prolongation. C’est rare qu’ y ait des personnes qui sortent, qui sont libérées, enfin ça dépend les situations je pense…
Avant l’arrestation de mon compagnon je ne connaissais pas le CRA, je savais même pas que ça existait en fait.
Et du coup après dans ces mois là, t’a été un peu obligé de te former, de connaitre…
– Ben oui, internet, un peu vous, le collectif anticra.
Moi j’habite à Lyon, 4h de route… et là bas on donne pas forcemment d’infos.
Mon compagnon a été arrété. Le premier jour que j’ai su ça, je suis décendue direct à Marseille, je me suis rendue au CRA, mais je suis arrivée tardivement. Je lui ai juste passé des cigarettes et je suis partie chez une amie, le soir même il m’a dit demain j’ai un tribunal. Moi j’étais à presque à 2h de route, je suis quand même descendu au JLD. Le juge des libertés l’avait libéré pour un vice de procédure, mais après ça le parquet a fait appel. Et voilà, depuis c’est toujours prolongation, prolongation…


Et à ton avis, quel a été l’impact du CRA et de l’arrestation sur ta vie, sur
la vie aussi de tes filles…
– Moi ma vie, j’ai arrété de travailler pour pouvoir être disponible, quand y s’en ont besoin, et quand ya des JLD, quand ya des tribunaux. Après, t’as plus de vie, tu reste chez toi, t’attends des nouvelles…je reste enfermée chez moi.

Ton compagnon pendant sa détention il a fait la grève de la faim, puis comme acte de protestation il a avalé des lames… Et toi de l’exterieur, comment tu?
– Moi j’ai eu peur, quand il m’a dit ça, qu’il était à l’hôpital.
Personne m’a prévennue, c’est lui même qui m’a prévennue. Moi quand j’ai su ça j’ai essayé de chercher où il était, dans quel hôpital, pour pouvoir parler aux médecins. C’est à l’accueil du CRA qu’on m’a dit qu’il était transféré, ah! Non, non, c’est son avocate qui m’a renseignée, qui m’a dit qu’il était à l’hôpital nord de marseille. Je me suis débrouillé pour avoir le numéro… je sais plus si c’était des urgences, et une infirmière m’a dit que le docteur allait me rappeler, mais il m’a jamais rappelée pour me dire ce qu’il en est. Après il est sorti parce qu’il a pas voulu faire un test covid. Il l’ont remis au CRA.


Et il a pas voulu faire un test covid pour quoi ?
– Et Bien, pour pas qu’on la lui fasse à l’envers, genre pour se soigner mais en fait, c’est peut-être pour un vol…
Il faisait pas confiance et en fait y avait eu un vol de proposé le 28 donc…
Ils ont considéré que deux lames de rasoir c’était pas une urgence suffisante pour le prendre sans test PCR ?
– Oui, voilà et quelque jours après une pile¹.
Et est-ce que tu as pu rencontrer d’autres familles ?
– Non, à part D, y a que D. Les familles font un peu des parloirs… mais le laps de temps entre les parloir ne se chevauche pas en fait… Je pense y a 10 minutes de temps entre les familles qui sortent et les familles qui rentrent.
Et tu pense qu’ils le font exprés pour…
-Je pense, oui
Pour que les familles ne se rencontrent pas, et que…
– Et qu’elles connaissent personne, oui, qu’on se ligue pas contre eux.

Et du coup l’attitude de Forum Réfugiés², des médecins, des policiers, dès qu’y a n problème la grève, etc, tu n’as pas pu, t’as jamais pu avoir des informations, en parlant avec eux ?
– Ouais, non, non, ben déjà Forum quand on les appelle, ils ont jamais le temps, on doit abréger ce qu’on dit, en fait, ça se voit qu’on les agace au téléphone.
Forum réfugiés se défit comme une association humanitaire, en soutien, à des personnes à l’interieur du CRA, en aide juridique etc. Mais toi ton expérience, avec eux ça a été..?
– Non moi j’pense qu’ils font que de l’administration par rapport aux JLD. Ils préparent les dossiers pour les avocats, j’pense ça s’arrète là en fait. ya pas autre chose. Ils nous ont jamais aidé pour autre chose en fait. Juste envoyer des documents, c’est tout.
Le 28 mon compagnon a eu un test de demandé, il l’a refusé.
Parce qu’ enfin, j’avais verifié qu’il y avait un vol le 28, un le 31 et un le 4 (demain). Mais bon maintenant apparemment ya des vols de privés⁴ ausssi. Dans un autre bâtiment en fait, deux tunisiens ils leur ont dit « vous avez des vols privés ». Le lendemain, sans tests. Enfin eux ils ont toujours refusé le test, eux ils ont pris les deux, on ne sait pas où, après… Et apparemment y en a un des deux qui a pu monter parce qu’il y avait une place, et l’autre il a reintégré le CRA.


Et là en ce moment, enfin cette semaine du coup t’as pu voir ton compagnon tous les jours. Il est comment son moral là ?
– Oui, il me disait en plus hier : « Heuresement que t’es venue, sinon j’aurais fait un bordel ou j’aurais frappé quelqu’un ou j’aurais encore mangé des choses. » Parce que là ça devient long.

Y a pleins de choses à faire en tant que soutien, faire des parloirs, regarder si y a des vols, contacter des avocats… tu vois d’autres choses ?

– Moi j’ai essayé de voir un syndicat des droits de l’homme, La ligue des droits de l’homme un truc comme ça… c’est des syndiqués, ils sont un peu partout en France. Ils m’ont dit « non, je vous aiderais pas, il faut aller voir un avocat spécialisé… » Du coup il m’ont pas aidé, j’ai été allé le voir pour rien.

Chercher des pistes sans trop savoir ce qu’elles peuvent donner aussi
– Oui voilà. On perd rien en fait, on s’renseigne, mais surtout pour ceux qui comprennent pas le français, qui ne lisent pas c’est la catastrophe. Nous on comprend le français, on lit, mais y a des choses, franchement on est perdus. C’est plus des termes juridiques, qu’on connait pas forcemment et… on est largué aussi.

Et y a personne qui explique, qui prend le temps…
– Non, non, du tout.
Et en terme financier, en fait, c’est la cata… j’ai quitté mon travail, et le temps que les assédics commencent à arriver, tu dois attendre un mois de délai, et non, je m’en sors plus en fait. Que quand il était là, on se débrouillait à gauche à droite, il faisait du noir et tout… et là c’est la cata.

Ça faisait longtemps que vous étiez tous les deux sur Lyon ?
– Ouais depuis juillet 2020. Plus d’un an. Mon compagnon a été arreté lors d’un controle et je ne le savais même pas… ils lui ont interdit de m’appeler. Et sur son… je sais pas comment ça s’appelle le truc de police là…
Le procès verbal ?
– Ouais on va dire c’est ça, ils ont notifié comme quoi y avait aucune attache en France, célibataire… voilà.
D’accord. Et c’est sur ça qu’il avaient fait le vice de procédure ou pas ?
– Non, non non. Ils avaient pas le papier de l’IRTF en fait. Ils avaient pas eu ça.

Est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
– Moi j’espère que ça va bientôt se finir, et que… qu’on reprenne nos vies, normaux, en famille.
C’est ça, bein on espère aussi.

¹ M. voyant que les lames ne suffisaient pas a ensuite avalé une pile.
² Il y a dans les CRA en fRance des associations qui répondent à des appels d’offres pour assister les détenus. (théoriquement)
³ Depuis quelques temps, des vols sont affrétés spécialement pour les expulsions, et ils déportent sans test covid.

La compagnie aérienne Twin-jet et l’état français expulsent chaque vendredi vers la Tunisie

A l’aéroport de Marseille Marignane il y a un petit terminal (1), un terminal que n’emprunte jamais le touriste de masse. Il est tout au bout d’une route qui longe l’étang de Berre, coincée entre l’étang et les grillages de l’aéroport, à coté d’un entrepot DHL. Dans ce terminal, tous les vendredis matin, aux alentours de 10h30, des personnes, amenées depuis différents CRA sont embarquées de force dans un petit avion de la compagnie Twin-jet afin de les expulser vers la Tunisie. 

Nous sommes régulièrement en contact avec des personnes enfermées au Centre de Rétention Administrative (CRA) du Canet (proche de Bougainville à Marseille). Ils nous racontent comment les agents de la Police aux Frontières (PAF) viennent parfois les chopper dans leur chambre, la nuit du jeudi au vendredi afin de les emmener à l’aéroport.  « Des hommes cagoulés débarquent à sept ou huit dans la chambre, ils ont des gants et des tonfas ». Lorsqu’ils veulent éviter que la personne expulsée se débatte, ils la baillonnent, lui scotchent les mains, les pieds, l’accrochent assise sur un fauteuil roulant, et lui mettent un casque sur la tête. C’est à ce moment là que commence l’expulsion Twin-jet. A l’abri des regards des touristes, et empéchant tout appel à l’aide possible, cette compagnie aérienne aixoise et l’État français déportent dans des petits avions de 19 places, sans test covid, cinq à six personnes vers la Tunisie depuis au moins 6 mois.

En effet, en ce moment les expulsions dans des avions transportant également des voyageureuses sont compliquées, car des tests covid négatifs sont nécessaires pour embarquer. Dans le CRA de Marseille plein de gens ont refusé des tests PCR pour un vol d’expulsion. L’Etat fait donc deux choses, parfois il les condamne à plusieurs mois de prison et parfois il organise des expulsions avec Twin-jet sans test PCR.

Aujourd’hui, le 1e avril, nous sommes rentré·e·s dans ce terminal avec des banderoles et en criant des slogans pour apporter de la force aux personnes expulsées.

Le business du transport des personnes sans-papiers

Twin-jet est une entreprise capitaliste classique. Elle est glorifiée dans les medias comme « le Petit Poucet du ciel français qui affronte seul la crise » (4), une entreprise qui a « réussi à survivre à la crise sans aide financière » et qui « faute de trafic d’affaires […] a élaboré des solutions originales ». Olivier Manaut, son dirigeant, se plaint de « souffrir, car la France devient un désert industriel, alors que notre activité est à 75 % liée aux industries » mais Olivier à trouvé un bon filon : la frontière.

Pour cette compagnie, la volonté étatique d’empêcher des personnes de vivre où elles le voudraient, d’amener de force des personnes dans des pays où elles ne veulent pas habiter, c’est un marché comme un autre (voir un marché juteux).  Matériellement une frontière c’est aussi ça, un petit avion, un pilote et des keufs qui s’acharnent à forcer des personnes à rester dans un espace dont on considère qu’elles ne doivent pas sortir, faisant fructifier au passage le capital d’une compagnie aérienne. 

On peut retrouver des appel d’offres de la police nationale remportés par Twin-jet depuis 2006. La compagnie a pu accomplir des missions variées durant toutes ces années. Des expulsions vers des pays considérés comme pays d’origines, vers des pays européens dans le cadre des procédures Dublin, ou encore des vols qui ne quittaient pas la france lorsqu’il s’agissait de « désengorger » Calais en 2015 (5). Et actuellement les vols privés proposés par Twin-jet sont pratiques puisqu’il permettent d’embarquer des prisonniers non testés vers la tunisie. 

Nous sommes contre les expulsions et contre les frontières. Et nous serions contre les frontières même si personne ne s’enrichissait dessus. Mais cela nous paraît important de constater qu’à ce jour elles fonctionnent en partie comme un business. D’une part parce que cela nous permet d’identifier des rouages de la machine à expulser auxquels nous pouvons nous attaquer. Mais aussi parce qu’il est intéressant de se rendre compte que une fois de plus, des intérêts économiques peuvent mener à faire des chose violentes et cruelles. 

Les frontières existent parce que des acteurs y trouvent un intérêt, pour certain c’est l’expression de leur racisme, et pour d’autres c’est un moyen de précariser une main d’œuvre pour qu’elle soit bon marché. Il y a sans doute d’autres raisons, parmi lesquelles, les intérêts les boites collabos pour lesquelles la frontière est tout simplement un marché.

Le président de Twin-jet, Olivier Manaut, en est un bon exemple.  Lui même est résident suisse, alors qu’au moins 7 des entreprises dont il est mandataire sont en france. Il y a peut être des intérêts fiscaux à être résident suisse, tout en étant président d’une entreprise française (7). Un deuxième avantage économique qu’il tirerait de la frontière, pour lui elle est une opportunité, alors qu’elle brise les vies des personnes qui n’ont pas ses privilèges dont il permet la déportation.

Système « absurde », qui détruit la vie des gens, casse les gens pour mieux les exploiter !

Twin-jet est le fruit d’un système global, des politiques migratoires en france et plus largement en Europe qui mettent en place une gestion meurtrière des frontières, et l’instrumentalisation des personnes en irrégularité administrative. La militarisation des frontières partout en Europe, la construction permanente de centres de rétention administrative en France, les violences physiques subies par les migrant.es pendant leurs déplacements ou/et lors de leur arrivée dans un pays, l’exploitation au travail etc, dévoilent des formes de domination néocoloniale dont Twin-jet est acteur et profiteur.

Les murs et les expulsions n’empêchent pas les migrations, mais ils aggravent les systèmes de précarisation, augmentent les dangers lors des traversées, maintiennent les inégalités entre pays et détruisent la vie de millions de personnes entre autres… 

Luttes et résistances face à la machine à expulser

Si les expulsions Twin-jet commencent par une intrusion surprise en pleine nuit dans les chambres du CRA, c’est pour empêcher tout mouvement de résistance (9). Il y a en effet de nombreuses résistances collectives et individuelles à ce système d’exploitation, d’enfermement et d’expulsion. Lorsque l’on vient d’un pays en dehors des frontières de l’Europe, peu importe ce que l’on fait, il est très compliqué d’obtenir des papiers (et aussi le droit de travailler), il est très compliqué de ne pas finir « sans papier ». Depuis des années, il y a donc des luttes individuelles, collectives pour la régularisation des sans papiers. Se greffent à ces luttes, celles d’un droit au logement et celles pour la fermeture des centres de rétention. Il y a aussi des stratégies d’évitements individuelles et collectives pour ne pas être contrôlé.e, attrapé.e dans les multiples rafles de la police ou dans ces pièges de l’État comme ces rendez-vous à la préfecture qui finissent en CRA.

Tout les jours, dans les CRA, ces luttes individuelles et collectives continuent, elles prennent la forme de grèves de la faim, d’automutilations, d’incendies (9), d’évasions… En soutien à ces luttes et aux personnes enfermées dans les CRA nous avons décidé de visibiliser un des maillons de la machine à expulser : Les expulsions Twin-jet.  

Nous vomissons sur les colabos, l’Etat oppressif qui enferme et sa police.

Soutiens aux enfermées du CRA de marseille et de tous les CRA.

Le siège social de l’entreprise Twin-jet aussi est proche de Marseille, 1070 Rue du Lieutenant Parayre  13799 AIX EN PROVENCE, il est possible d’y faire un tour. (3)

Notes : 

    1/ Terminal Aviation Générale. Route de l’aéroport., Marignane. A coté de DHL.

    Ce lieu est libre d’accès mais il n’y a à peu près personne. Ce petit avion n’a pas d’horaire précise comme les autres, les prisonnier.e.s arrivent dans le terminal autour de 10h45 et l’avion part en début d’après-midi. Il n’est donc pas facile de faire annuler son départ, ils ont tout le temps qu’ils veulent.

    2/ Parfois les personnes ne voient le terminal que depuis l’exterieur car les policiers  preférent les laisser plusieurs heures dans la camionette du CRA plutôt que de les faire rentrer dans le terminal.

    3/  Le siège social de l’entreprise twin jet est proche de Marseille, 1070 Rue du Lieutenant Parayre  13799 AIX EN PROVENCE, il est possible d’y faire un tour, pour aller y apporter vos réclamations par exemple. https://www.twinjet.fr/

   4 / les echos entrepreneurs : https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/marketing-vente/0603373467711-twin-jet-le-petit-poucet-du-ciel-francais-qui-affronte-seul-la-crise-338154.php

    5 / Calais le jet privé pour déplacer les migrants : https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/calais-un-jet-prive-pour-deplacer-les-migrants_1136975.html

https://www.lepoint.fr/societe/calais-les-migrants-aussi-ont-droit-a-leur-jet-prive-19-10-2015-1974906_23.php

https://www.buzzfeed.com/fr/theoenglebert/enquete-sur-les-millions-des-avions-daffaires-loues-par

    6/ https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/reconduites-a-la-frontiere-un-pilote-de-la-paf-condamne-pour-favoritisme_1976342.html

7/articles évoquant la résidence fiscale suisse d’olivier manaut

https://www.liberation.fr/france/2017/11/13/reconduites-a-la-frontiere-deux-compagnies-aeriennes-reglent-leurs-comptes_1609879/

https://www.lefigaro.fr/entrepreneur/2016/11/02/09007-20161102ARTFIG00057-la-compagnie-d-affaires-twin-jet-grandit.php

alors que ses entreprises sont en France

https://www.verif.com/dirigeants/Olivier-MANAUT-1053434/

8/Témoignage d’une personne ayant vécu ces expulsions :

« Les flics m’ont réveillé vers 3h du matin, puis, direct, ils m’ont mis dans l’avion. C’est un petit avion privé »

9/Quelques exemples de résistances menées par des prisonniers :

Résistance collective à une expulsion dans le CRA de Vincennes !

https://mars-infos.org/greve-de-la-faim-et-feu-dans-le-5920
https://mars-infos.org/evasion-au-cra-de-marseille-6015

« Au CRA, la mort et la vie c’est pareil » – témoignage de Hamza, en grève de la faim et d’insuline.

En ce moment dans les prisons pour sans-papiers de France, les révoltes sont partout : les prisonnièr.e.s dénoncent des conditions d’enfermement de plus en plus dégueulasses. On a pu parler avec Hamza, prisonnier au CRA du Canet à Marseille. Diabétique, il témoigne de sa situation et des rouages d’une machine à enfermer, réprimer et tuer.
Continuer la lecture de « Au CRA, la mort et la vie c’est pareil » – témoignage de Hamza, en grève de la faim et d’insuline.

Evasion

Une très bonne nouvelle : vendredi 5 novembre dernier, un prisonnier du CRA (Centre de rétention administrative) de Marseille est parvenu à s’évader !

Malheureusement, 3 autres personnes de ce CRA qui ont tenté aussi de se faire la belle n’y sont pas arrivées. Elles sont passées en garde-à-vue, et l’une d’elles a été condamnée à 2 mois de prison avec sursis après une comparution immédiate.

Avec les deux évasions de mai dernier au CRA de Nîmes, ça fait plaisir d’apprendre que les CRA de Nîmes et de Marseille renouent avec leur réputation de passoires d’il y a quelques années, comme en 2013 quand au moins 17 personnes s’étaient barrées du CRA de Marseille, ou en 2017 quand au moins 14 avaient réussi à quitter le CRA de Nîmes alors que les keufs avaient installé des barbelés anti-évasion flambants neufs…

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